À marée basse, un chemin mène depuis la plage de Bon‑Secours vers le Grand Bé et sa tombe de Chateaubriand. On rejoint ensuite le Petit Bé où un fort du XVIIᵉ siècle offre une visite guidée et une vue panoramique. Vérifiez toujours les horaires de marée avant de partir.
Comment accéder aux îlots en toute sécurité
Le chemin vers les Bé avec a gauche le petit bé (le plus loin) et à droite le Grand Bé (le plus près du rivage) / Photo choisie par Monsieur de France
Tout repose sur les marées. La vie est rythmée par les marées montantes ou descendantes à Saint Malo, le Grand Bé et le petit Bé encore plus puisque c'est uniquement à marée basse que le public peut y accéder. Surtout au Grand Bé, il faut que le coéficient soit haut et donc la mer très basse pour accéder tranquillement au Petit Bé (il est accéssible par la mer). Les îlots ne se découvrent que lorsque la mer se retire. Pour rejoindre le Grand Bé, il faut emprunter le chemin qui part de la plage de Bon‑Secours, juste au pied de la vieille ville. Ce passage pavé n’est visible que pendant une fenêtre d’environ trois heures : une heure et demie avant l’heure de basse mer et une heure et demie après. En dehors de ce créneau, la chaussée est submergée et les courants sont puissants. La règle est simple : consultez toujours le calendrier des marées avant de vous aventurer sur les Bés et partez suffisamment tôt pour revenir en toute sérénité.
Voici le guide officiel des marées à Saint Malo avec leurs horaires.
Le Petit Bé se trouve quelques centaines de mètres derrière son grand frère. On y accède également à pied lorsque la mer est suffisamment basse, en poursuivant le même chemin sur le sable. En cas de marée haute ou de mauvaise météo, un bateau‑passeur assure la liaison depuis le port de Saint‑Malo, parfois depuis Dinard. Veillez à porter des chaussures adaptées et à surveiller l’avancée de l’eau : des promeneurs imprudents se retrouvent parfois avec de l’eau jusqu’à la taille lors du retour.
De manière générale soyez prudent. Sans jouer à se faire peur, la marée monte plus vite qu'on ne pense. On observe, on discute et d'un coup on voit qu'on ne peut plus rejoindre intra-muros sans avoir au moins les pieds dans l'eau. Evitez par vent ou mauvais temps, c'est glissant. Et d'ailleurs, évitez les sandalettes ou les chaussures plates, c'est glissant sur les rochers.
Le grand Bé / Photo choisie par Monsieur de France : par Onkel Ramirez de Pixabay
Avant d'aller voir les Bé, pensez à visiter Intramuros dont voici les secrets.
Ce que l’on voit sur le Grand Bé
Ce rocher abrupt est avant tout un lieu de nature et de mémoire. C’est ici que repose François‑René de Chateaubriand, célèbre écrivain romantique natif de Saint‑Malo. Conformément à sa volonté, sa tombe est tournée vers la mer, recouverte d’une simple pierre de granit et surmontée d’une croix. Elle porte une inscription invitant les passants à respecter son désir d’entendre « seulement la mer et le vent ». L'érosion amène d'ailleurs à se demander si la tombe ne sera pas reculée prochainement.
Le Grand Bé / Photo choisie par Monsieur de France par Gwenaële Moignic de Pixabay
Au sommet de l’îlot, la récompense est un panorama à 360 degrés. La vue sur Saint Malo, le Sillon et aussi sur Cézembre et Dinard : une splendeur. Par temps clair, on distingue la côte jusqu’au cap Fréhel. Ce point de vue unique offre un regard nouveau sur la côte d’Émeraude et donne la mesure de l’ingéniosité des ingénieurs militaires qui ont fortifié la baie. L'objectif au 17e siècle c'était de bloquer la seule passe qui permet d'accéder à Saint Malo. Vous ne les voyez pas, parfois même à marée basse, mais il y des beaucoup de "cailloux" comme on dit ici, qui pouvaient éventrer les bâteaux. Le petit Bé et les forts que vous voyez autour (Harbour, la Conchée...) permet un croisement de tir sur les bâteaux anglais qui tentaient le coup pour rejoindre "le nid de frelons" comme ils appelaient Saint Malo. Il n'y sont parvenu qu'une seule fois. Quelques bunkers et cavités témoignent aussi de l’occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale. La randonnée jusqu’à la plate‑forme n’est pas très longue mais elle grimpe : prévoyez une vingtaine de minutes pour monter et descendre tranquillement.
Châteaubriand par Anne-Louis Girodet, Musée de Saint Malo Public domain, via Wikimedia Commons
Ce que l’on voit sur le Petit Bé
Juste derrière le Grand Bé surgit une véritable forteresse. Le Petit Bé est dominé par un fort de Vauban construit en 1694 pour protéger Saint‑Malo des flottes anglaises et hollandaises. Imaginé par l’ingénieur Siméon Garangeau, il pouvait accueillir une garnison de 160 hommes et était armé de dizaines de canons. Aujourd’hui, le fort est entièrement restauré.
Le petit Bé vu depuis le Grand Bé à droite Cezembre / Photo choisie par Monsieur de France par Nicolas IZERN de Pixabay
On y accède à pied à marée basse, ou en bateau‑passeur lorsque l’estran est recouvert. Un guide passionné vous accueille pour une visite d’une trentaine de minutes qui explore l’histoire des défenses malouines et révèle les secrets de la vie sur ces îlots. Les salles voûtées, les meurtrières, la terrasse d’artillerie et les bastions montrent l’ingéniosité de Vauban. Depuis les remparts du fort, la vue embrasse la ville intra‑muros, l’estuaire de la Rance, Dinard et le large : un panorama saisissant pour les amateurs de photographie et les curieux d’histoire. Vous êtes tout pile en face de Dinard dont vous pouvez photographier les villas balnéaires magnifiques.
Brève histoire des îlots
Les îlots des Bés ont une longue histoire. Le Grand Bé servit de refuge à la première communauté de Saint‑Malo au XIVᵉ siècle, lorsque des habitants y élurent un maire pour la première fois. Des silex retrouvés sur place laissent penser à une occupation beaucoup plus ancienne encore. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, les Allemands y installèrent artillerie et bunkers pour défendre la cité. Bombardé lors de la libération en 1944, il fut en grande partie rasé. De nos jours, sa vocation est essentiellement touristique et mémorielle.
Le coup de canon, tableau de Van de Velde le Jeune, 1707 C'est ce genre de navire que Dugay-Trouin commandait.
Le Petit Bé, quant à lui, fut l’un des maillons du réseau de fortifications voulues par Louis XIV. Après avoir servi de bastion militaire pendant deux siècles, il tomba en désuétude avant d’être racheté et restauré par un particulier au début des années 2000. Les revenus générés par les visites et la location du site pour des événements servent à financer l’entretien de la bâtisse. La renaissance de ce fort est un bel exemple de sauvegarde du patrimoine maritime.
Conseils pratiques et sécurité
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Vérifiez les horaires de marée : sans cette précaution, vous pourriez rester bloqué plusieurs heures sur les îlots.
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Portez des chaussures confortables et antidérapantes ; le sable mouillé et les rochers peuvent être glissants.
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Sur le Grand Bé, respectez les zones balisées : des munitions de la Seconde Guerre mondiale peuvent subsister hors des sentiers.
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Les visites guidées du Petit Bé sont payantes et se déroulent de 11 h à 18 h environ selon la saison et la météo. Préparez de l’espèce ou une carte bancaire.
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En cas de temps couvert ou de pluie, optez pour la navette maritime ; vous profiterez quand même de la vue depuis le fort.
Vous voulez tout savoir de Saint Malo ? Venez voir par ici.
Autres îles à découvrir : Fort National et île de Cézembre
Cezembre au coucher du soleil face à Saint Malo / Photo choisie par Monsieur de France : par jacqueline macou de Pixabay
Fort National : un bastion accessible à marée basse
À quelques centaines de mètres des remparts, au début du sillon, la très grande plage de Saint Malo, un autre îlot attire le regard : le Fort National. Construit entre 1689 et 1693 par l’ingénieur Siméon Garangeau sur des plans de Vauban, il défendait l’entrée du port contre les flottes ennemies. Anciennement appelé fort Royal, puis Fort National lors de la Révolution Française, ce bastion de granite est juché sur le rocher de l’Islet et devient une île lorsque la mer remonte. Pour y accéder, il faut attendre la marée basse : un passage sableux de 300 mètres apparaît depuis la cale Saint‑Vincent ou la plage de l’Éventail, au pied du château.
Le fort National quand la mer est pleine / Photo choisie par Monsieur de France : par JackieLou DL de Pixabay
Visiter le fort national. C'est possibl mais uniquement lorsque le drapeau français flotte au-dessus des remparts, le fort est ouvert aux visiteurs. L’entrée se fait avec un guide ; la visite dure environ quarante minutes et retrace trois siècles d’histoire militaire. Vous y découvrirez une petite exposition, l’habitat des soldats et un panorama exceptionnel sur Saint‑Malo. Les tickets s’achètent directement à l’entrée et le site est ouvert tous les jours de juin à septembre, ainsi que pendant certaines vacances scolaires et grands week‑ends le reste de l’année. L’expérience est aussi photogénique à marée haute : le fort se dresse alors au milieu des flots.
L’île de Cézembre : nature sauvage et mémoire
Cezembre au large, avec sa petit plage plein sud / Photo choisie par Monsieur de France : par Ludivine de Pixabay
Plus loin au large, l’île de Cézembre est la plus grande île de la baie de Saint‑Malo et la seule à être ouverte au public. Située à environ quatre kilomètres au large, elle n’est accessible qu’en bateau ; aucun passage à gué ne la relie au continent même s'il est dit qu'autrefois, avant l'an 1000, elle était encore reliée au rivage par des champs salés. Deux compagnies maritimes assurent la liaison depuis la gare maritime de la Bourse à Saint‑Malo ou depuis Dinard : la traversée dure environ vingt minutes et fonctionne tous les jours en juillet et août, ainsi que les week‑ends au printemps et en début d’automne. Le prix du billet est d’environ 18 € pour les adultes et une dizaine d’euros pour les enfants, et la réservation est recommandée en haute saison. Les navettes déposent les visiteurs à la cale de l’île en fin de matinée et les récupèrent en fin d’après‑midi, ce qui laisse plusieurs heures d’exploration.
Cezembre a été le siège d'un monastère comme le montre cette carte / Par De Sainte Colombe — http://gallica.bnf https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=69002672
Cézembre offre un contraste saisissant entre un passé militaire tumultueux et un environnement naturel préservé. Son relief est marqué par des cratères alignés, vestiges des bombardements massifs de 1944 qui en ont fait l’une des zones les plus touchées de la Seconde Guerre mondiale. Déminée et réaménagée en 2017, un sentier balisé de 800 mètres permet aujourd’hui de parcourir une partie de l’île en toute sécurité. Ne quittez pas ce sentier par sécurité et surtout pour préserver la nature.. On y observe des blockhaus, des casemates et des canons qui rappellent la bataille, mais aussi une flore et une faune remarquables : lézards des murailles, hirondelles de rivage, guillemots, cormorans et goélands nichent sur les falaises ou les plateaux herbeux. Au sud de l’île s’étend une plage de sable fin orientée plein sud, à l’abri des vents : un lieu idéal pour se baigner et profiter du soleil d'autant que c'est la seule et unique plage plein sud de toute la côté nord de la Bretagne.
Comme l’île ne dispose d’aucun abri ni de source d’eau potable, il est indispensable d’apporter votre pique‑nique, de l’eau et de quoi vous protéger du soleil. Un petit restaurant ouvre sa terrasse en haute saison, mais l’offre reste limitée. Les chiens ne sont pas autorisés sur la plage et il est essentiel de rester sur le sentier pour préserver les oiseaux et éviter les zones encore dangereuses. Cézembre est un espace naturel protégé géré par le Conservatoire du littoral, et sa découverte en bateau offre une immersion unique entre mer, histoire et nature sauvage.
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Conclusion
Visiter le Grand Bé et le Petit Bé permet de mesurer à quel point Saint‑Malo est indissociable de la mer et de l’histoire corsaire. En quelques heures, on traverse le sable, on marche sur des pierres séculaires, on découvre la dernière demeure de Chateaubriand et on pénètre dans un fort du XVIIᵉ siècle. C’est une escapade idéale pour les amoureux d’histoire, les randonneurs et les familles à la recherche d’une activité originale. Préparez bien votre visite en consultant les marées, et laissez‑vous surprendre par la beauté sauvage de ces îlots qui défient le temps et la mer.
Un goéland prend la pose devant le fort National / Photo choisie par Monsieur de France : par ThierryBEUVE via pixabay
Foire aux questions (FAQ) Grand Bé Petit Bé
Quand peut‑on accéder au Grand Bé et au Petit Bé ?
L’accès à ces îlots n’est possible que lorsque la mer se retire. Une fenêtre d’environ trois heures autour de la basse mer permet de rejoindre puis de quitter le Grand Bé et le Petit Bé à pied. Consultez toujours les horaires des marées et prévoyez votre excursion de façon à revenir avant que le passage ne soit recouvert.
Faut‑il payer pour visiter le Petit Bé ou le Fort National ?
Le Grand Bé est accessible gratuitement, mais le Petit Bé et le Fort National se visitent uniquement dans le cadre de visites guidées payantes. Le Petit Bé demande une modique participation qui sert à financer sa restauration ; les visites sont assurées par un guide et durent une trentaine de minutes. Le Fort National propose un ticket d’entrée à tarif réduit (autour de 5 € pour les adultes et 3 € pour les enfants) et ne se visite qu’à marée basse. Les billets s’achètent à l’arrivée.
Comment se rendre à l’île de Cézembre ?
Cézembre n’est pas reliée au continent par un passage à gué : on ne peut la rejoindre qu’en bateau. Des navettes partent de la gare maritime de la Bourse à Saint‑Malo et de Dinard. La traversée dure environ vingt minutes et fonctionne quotidiennement en haute saison (juillet‑août) et les week‑ends au printemps et en septembre. Les tarifs se situent autour de 18 € pour les adultes et 10 € pour les enfants ; les enfants de moins de 3 ans voyagent gratuitement. Il est conseillé de réserver votre billet à l’avance.
Que voir et faire sur l’île de Cézembre ?
Cette île étonne par son paysage lunaire et sa biodiversité. On y découvre un sentier balisé de 800 mètres qui serpente entre les cratères laissés par les bombardements, des blockhaus, des canons et des zones de nidification d’oiseaux marins. Au sud, une plage de sable fin orientée plein sud invite à la baignade et au farniente. Prévoyez de l’eau, de la crème solaire et un pique‑nique : il n’y a ni source ni ombre sur l’île et les services sont limités à un petit restaurant ouvert en saison. Respectez les règles de protection de la nature : restez sur le sentier, emportez vos déchets et laissez les oiseaux et les herbiers marins en paix.
Peut‑on se baigner ou pique‑niquer sur les îlots ?
Sur le Grand Bé et le Petit Bé, il n’y a pas de plages aménagées et la baignade est déconseillée. Ces îlots sont plutôt des promontoires rocheux destinés à la balade et à la visite historique. La plage du Sillon ou celle de Bon‑Secours, au pied de Saint‑Malo, constituent de meilleurs endroits pour se baigner. Sur Cézembre, en revanche, la plage au sud est idéale pour la baignade et le pique‑nique, à condition d’apporter tout ce dont vous avez besoin.
Les animaux sont‑ils autorisés sur les îles ?
Les chiens et autres animaux domestiques ne sont pas admis sur l’île de Cézembre en raison de sa richesse écologique et des nidifications d’oiseaux. Sur les Bés et au Fort National, il est préférable de ne pas amener d’animaux pour des raisons de sécurité et de respect du site, même si aucune interdiction officielle ne le mentionne. Consultez les réglementations locales avant de vous déplacer avec votre compagnon à quatre pattes.
Combien de temps prévoir pour la visite ?
Comptez une à deux heures pour visiter le Grand Bé et le Petit Bé, en fonction de votre rythme et du temps que vous passez à admirer la vue. La visite guidée du Fort National dure environ quarante minutes. Pour Cézembre, prévoyez au minimum une demi‑journée : entre la traversée en bateau, la découverte du sentier et une pause sur la plage, vous aurez de quoi occuper largement votre après‑midi.










