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Place Stanislas : Bienvenue sur la plus belle place du monde !

Honnêtement, je le dis souvent et on me trouve un peu chauvin, mais je le pense sincèrement : c'est la plus belle place du monde ! Surtout l'été, quand le soleil s'amuse avec les dorures au point qu'on a l'impression qu'elles dansent. La Place Stanislas, ou "Place Stan" pour les intimes, c'est bien plus que de la pierre et du fer forgé, c'est un salon à ciel ouvert. Imaginez le Roi Stanislas, ce bon vivant, qui malgré les caprices de l'histoire, nous a laissé un héritage d'une élégance folle. Laissez-vous porter par le brouhaha des terrasses et découvrez pourquoi ce joyau de l'UNESCO est le cœur battant de la cité ducale. Je vous raconte tout, des pavés aux fontaines.
Article mis à jour le 02 janvier 2026

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Sommaire

Voici le résumé de ce que vous allez lire :

La Place Stanislas est bien plus qu'un monument, c'est le cœur vibrant de Nancy. Classée à l'UNESCO depuis 1983, elle est souvent célébrée comme la plus belle place du monde pour son élégance et sa taille humaine. Dans cet article, vous allez découvrir le génie d'Emmanuel Héré et les célèbres grilles dorées de Jean Lamour. Nous reviendrons sur l'histoire de ce "roi sans royaume", Stanislas Leszczynski, qui a offert à la cité ducale son "Acropole" moderne. De la symbolique des fontaines aux souvenirs des Nancéiens, préparez-vous à explorer un lieu où la grande Histoire rencontre les émotions du quotidien. Une immersion totale au centre de Nancy vous attend.

 

 

Nancy : un ensemble unique classé au Patrimoine mondial de l'UNESCO

 

La fontaine de Neptune de la place Stanislas à Nancy, chef-d’œuvre du XVIIIᵉ siècle, incarne l’élégance de l’ensemble classé à l’UNESCO et symbolise la maîtrise de l’eau et de l’ornementation baroque. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Bienvenue dans la ville aux portes d'or / Photo dépositphotos

 

Le siècle des Lumières a laissé l’un de ses plus beaux héritages à Nancy : la Place Carrière, la Place d’Alliance et la Place Stanislas. Ces trois places ont été classées Patrimoine Mondial de l’Humanité par l’UNESCO en 1983, la même année que le Taj Mahal. Et enfin, surtout, il y a la Place StanislasDécrire cette merveille est un défi, tant elle incarne l’émotion et la mémoire de Nancy. Quand on connaît cet endroit, on voudrait convoquer tous les mots pour rendre hommage à ce joyau unique au monde.

 

 

La place Stanislas de Nancy au soleil levant, magnifiée par ses célèbres grilles d’or, offre un spectacle lumineux qui souligne l’élégance et l’harmonie de ce joyau du XVIIIᵉ siècle classé à l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Shutterstock.

La place Stanislas de Nancy avec ses grilles d'or au soleil levant / Photo choisie par Monsieur de France : shutterstock

 

 

Pourquoi la Place Stanislas est la plus belle place du monde ?

 

Place Stanislas à Nancy de nuit, illuminations mettant en valeur les façades classiques, les grilles dorées de Jean Lamour et l’harmonie de l’ensemble urbain du XVIIIᵉ siècle classé au patrimoine mondial de l’UNESCO, cœur emblématique de la Lorraine. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

La Place Stanislas : magique de nuit / Photo par HUANG Zheng/shutterstock

 

Comparez-la aux plus grandes places du monde, et vous verrez : la Place Stanislas est la plus belle.

Plus intime que la Place Saint-Marc à Venise, plus élégante que la Place de la Concorde à Paris, elle séduit par sa taille humaine, ses façades symétriques et ses dorures scintillantesLe matin tôt ou le soir au coucher du soleil, la Place Stanislas déploie toute sa magie. Les façades blanches captent la lumière, les grilles dorées s’illuminent, et l’on comprend pourquoi elle émerveille tant de visiteurs.

 

 

Fontaine de Neptune à Nancy, détail des dorures baroques de la place Stanislas classée UNESCO, sculpture monumentale du XVIIIᵉ siècle symbolisant l’eau, le pouvoir et l’élégance de l’ensemble architectural lorrain. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

La fontaine de Neptune, une des deux majestueuses fontaines de la Place Stanislas de Nancy / Photo choisie par Monsieur de France : depositphotos

 

 

Les grilles d'or de Jean Lamour : le génie du fer forgé

 

Les grilles en fer forgé dorées à la feuille d’or, créées par Jean Lamour, ornent les entrées, balcons et fontaines. Elles brillent au soleil, scintillent sous la pluie et donnent une majesté incomparable au lieu. Les statues de Neptune et Amphitrite, dieux de la mer, veillent sur les fontaines, comme figés dans un éternel dialogue aquatique.

 

 

L'Arc Héré : le couronnement de la perspective

 

L’arc Héré de nuit, majestueuse porte monumentale de la place Stanislas à Nancy, se pare d’éclairages qui subliment son architecture classique et l’atmosphère du centre historique. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

L'arc héré de nuit / Photo choisie par Monsieur de France : depositphotos

 

Le couronnement de la Place Stanislas, c’est l’Arc Héré, inspiré de l’arc de Septime Sévère à Rome. Surmonté d’une Renommée dorée soufflant dans sa trompette, il célèbre la gloire et la paix. À proximité, l’Opéra National de Lorraine fait résonner ses concerts, et le Musée des Beaux-Arts expose des chefs-d’œuvre de Delacroix, Claude Gelée dit “Le Lorrain”, Émile Friant ou encore Le Caravage.

 

Émile Friant – Les Amoureux (1888), musée des Beaux-Arts de Nancy, peinture emblématique de l’artiste lorrain représentant un couple avec un réalisme sensible, œuvre majeure du patrimoine artistique nancéien et de la fin du XIXᵉ siècle. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Les amoureux peints en 1888 par Emile Friant (1863 - 1932)

 

 

La Place Stanislas : le trésor des Nancéiens.

 

Cette place, c’est le cœur de la ville de Nancy, comme l’Acropole l’est pour Athènes. C’est même le symbole de la cité. Depuis son inauguration en 1755, la Place Stanislas a vu défiler l’Histoire au pas tranquille du roi Stanislas, mais aussi des grands de ce monde. Mozart y a pris un café, De Gaulle et Churchill y ont marché, Patton l’a traversée en libérateur, et le pape Jean-Paul II y a salué les foules. Des montgolfières y ont décollé, des avions de guerre y furent exposés, et la statue de Louis XV fut détruite à la Révolution.

 

Terrasse de café sur la place Stanislas à Nancy, scène emblématique de la vie nancéienne en France, avec tables en plein air, façades classiques du XVIIIᵉ siècle et ambiance conviviale au cœur de l’ensemble classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

On peut boire un petit café sur la place Stanislas. Le matin c'est un moment merveilleux / Photo choisie par Monsieur de France : depositphotos

 

La Place Stanislas de Nancy est l’endroit des grandes émotions collectives. On y a célébré la Libération, les armistices, les victoires sportives (Coupe du Monde 1998 et 2018, Coupe de la Ligue de l’ASNL, victoires du SLUC Basket).C’est aussi ici que les Nancéiens se sont rassemblés dans la douleur, comme lors des attentats de 2015. La Place Stanislas est à la fois lieu de fête et de recueillement.

 

Place Stanislas à Nancy lors de la manifestation “Je suis Charlie” en 2015, rassemblement citoyen sur la place classée UNESCO, symbolisant l’hommage aux victimes des attentats et l’attachement aux valeurs de liberté et de solidarité en France. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Le 11 janvier 2015 la manifestation "je suis Charlie" Place Stanislas / photo Monsieur de France (c)

 

Pour les habitants du Grand Nancy, la “Place Stan” est un théâtre de vie. On y passe pour le marché de Noël, pour se balader, pour boire un café. Chaque génération de Nancéiens a son souvenir sur la Place Stanislas. Auguste Bartholdi, le créateur de la Statue de la Liberté, y rencontra sa future épouse. Michel Platini débuta sa carrière ici. Philippe Claudel et des centaines d’auteurs viennent chaque année au Livre sur la Place, le grand salon littéraire. Des anonymes comme des célébrités, tous ont vécu un moment inoubliable sur la Place Stanislas, le cœur battant de Nancy.


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Les monuments incontournables de la Place Stanislas

 

La Place Stanislas de Nancy mesure 106 par 124 mètres. Conçue par Emmanuel Héré (1705-1763), elle réunit les talents de Jean Lamour (grilles) et de Barthélémy Guibal (statues et fontaines). Cinq grands bâtiments l’entourent : l’Hôtel de Ville de Nancy, le pavillon Jacquet, le pavillon Alliot/Grand Hôtel de la Reine, l’Opéra, et le musée des Beaux-Arts. On distingue aussi les basses-faces, plus basses pour des raisons militaires, et bien sûr l’Arc Héré.

 

 

Les grilles d'or de Jean Lamour : une dentelle de fer forgé

 

ùGrille de Jean Lamour sur la place Stanislas à Nancy, chef-d’œuvre de ferronnerie du XVIIIᵉ siècle aux dorures raffinées, élément emblématique de l’ensemble urbain classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

L'une des grilles de Jean Lamour sur la place Stanislas de Nancy / Photo Monsieur de France (c)

 

Les grilles en fer forgé dorées à la feuille d’or de Jean Lamour donnent à la place son éclat incomparable. On y distingue les initiales entrelacées L (Louis XV) et S (Stanislas), ainsi que des fleurs de lys et des coqs gaulois. Avec les coqs des réverbères, elles sont dédiées à la France et symbolisent l’union entre la Lorraine et la France. 

 

 

L'Arc Héré et les fontaines monumentales

 

Fontaine de Neptune sur la place Stanislas à Nancy, fontaine baroque du XVIIIᵉ siècle richement décorée de dorures, élément majeur de l’ensemble architectural classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en Lorraine. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

La fontaine de Neptune de la Place Stanislas de Nancy / Photo shutterstoc

 

A droite de l'Arc Héré, on trouve la fontaine d'Amphitrite, déesse de la Mer. Elle était entourée de deux groupes comme son mari, Neptune, mais ils ont été supprimés quand on a décidé d'ouvrir un accès à la Pépinière, devenue parc public à la fin du XIXe siècle. On sait que la statue, dénudée, choquait beaucoup l'aumônier de Stanislas. Certains disent que le corps de la déesse aurait été moulé sur celui de la marquise de Boufflers, maîtresse royale de Stanislas, dont on verrait, par conséquent, le sein... Ces deux fontaines et les puttis qui ornent les balustrades de pierre sont signés Barthélémy Guibal. Chaque fontaine est surmontée des armes de France, rappelant que la place fut dédiée à Louis XV.

 

Fontaine d’Amphitrite sur la place Stanislas à Nancy, fontaine baroque du XVIIIᵉ siècle ornée de sculptures et de dorures, faisant partie de l’ensemble monumental classé au patrimoine mondial de l’UNESCO en Lorraine. Photo choisie par monsieurdefrance.com : milosk50 / Shutterstock.

La fontaine d'Amphitrite de la Place Stanislas de Nancy / Photo choisir par Monsieur de France : milosk50/Shutterstock. 

 

 

L’Arc Héré

 

Arc Héré à Nancy, arc de triomphe du XVIIIᵉ siècle marquant l’entrée de la place Stanislas classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, symbole de l’architecture classique lorraine et de l’œuvre de Stanislas Leszczynski. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

L'arc Héré de la Place Stanislas de Nancy. Photo choisie par Monsieurdefrance.Fr : shutterstock

 

L’Arc Héré, inspiré de l’Antiquité romaine, et notamment de l'arc de Septime Sévère à Rome, est dédié à Louis XV. Trois portes l’ouvrent sur la ville. On y voit Apollon et les muses, Minerve, Mars et Hercule, surmontés de la Renommée dorée qui souffle la gloire du roi. Il marque la transition entre la Place Stanislas et le parc de la Pépinière.

 

 

Sommet de l’arc Héré à Nancy, détail architectural du XVIIIᵉ siècle montrant le médaillon de Louis XV accompagné de la Renommée, symbole du pouvoir royal et élément majeur de la place Stanislas classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Shutterstock.

Le sommet de l'Arc Héré, avec le médaillon de Louis XV et la Renommée. Photo choisie par monsieurdefrance.fr : Shutterstock

 

L'arc héré est précédé de la rue Héré (et les boutiques sont sympas, notamment la boutique Daum qui présente des merveilles de pâte de verre nées des mains des maîtres verriers de Nancy). Cette rue s'est longtemps appelée "trottoirs Héré" parce que ces trottoirs, qui permettaient aux pietons de ne pas se crotter les pieds dans la boue des rues, ou dans le crottin des chevaux, étaient une grande nouveautée en 1755. 

 

La Statue de Stanislas

 

Statue de Stanislas Leszczynski au centre de la place Stanislas à Nancy, installée en 1831, monument emblématique du duc de Lorraine au cœur de l’ensemble architectural du XVIIIᵉ siècle classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : RossHelen / Shutterstock.

La statue de Stanislas depuis 1831 au centre la Place Stanislas de Nancy. Photo choisie par monsieurdefrance.fr : RossHelen/shutterstock

 

Célébrissime statue que tous les Nancéiens connaissent. Elle sert souvent de point de rendez-vous. Mais attention, le socle est si grand qu'on peut arriver à un endroit et rater la personne qui vous attend de l'autre côté. On a été nombreux à attendre un moment avant de se voir donc je vous conseille de faire le tour. Elle date de 1831. Elle a remplacé plusieurs statues. La première était celle de Louis XV, à qui était dédiée la Place au départ à sa construction en 1755. Il était représenté en empereur romain, regardait vers Paris et brandissait un bâton de commandement vers... l'hôtel des impôts (hôtel des fermes à l'époque). À ses pieds, quatre vertus assises, accoudées aux marches, le regardaient (comme des groupies). On voyait la prudence, la justice, la valeur et la prudence.

 

Statue de Louis XV sur la place Stanislas à Nancy en 1755, monument royal installé lors de la création de la place, symbole du pouvoir monarchique et élément fondateur de l’ensemble urbain du XVIIIᵉ siècle aujourd’hui classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

La Statue de Louis XV située à l'origine sur la place au moment de sa création en 1755. Par Dominique Collin — Archives municipales de Nancy Cote 3 Fi 141 Domaine public, https://commons.wikimedia.org

 

L'ensemble était entouré d'une grille qui a été démontée après la Seconde Guerre mondiale au moment de la création d'un portail et qu'on n'a jamais remise. Cette statue (qui faisait quand même 7500 kg de bronze !) a été détruite par la Révolution Française et remplacée par des piques révolutionnaires avant qu'on ne se décide à installer "le génie de la France", en l'occurrence une femme brandissant une couronne de laurier. Enfin, en 1831, quand on décide de nommer la Place "Place Stanislas" (elle qui a été Place Louis XV, Place du Peuple, Place Napoléon...) en hommage à celui qui l'a voulue, le roi Stanislas, il a été décidé d'y installer une statue. Elle a été réalisée par Georges Jacquot, un jeune sculpteur qui avait proposé deux versions. Une version de Stanislas en guerrier. L'autre, c'est celle que nous connaissons. On voit le roi paré de son manteau royal. À côté de lui la couronne royale. Sur le piédestal, on rappelle quelques-unes de ses bonnes actions qui ont fait de lui un homme très aimé des Lorrains alors qu'il venait d'ailleurs et leur avait été imposé par la France.

La statue pèse 5 400 kg de bronze et mesure 4,13 mètres de haut. On a longtemps dit que Stanislas montrait la direction de son pays d'origine, la Pologne. En fait, il pointe du doigt le médaillon de Louis XV pour rappeler qu'il a fait faire la place pour son gendre. Le doigt est d'ailleurs très long, genre E.T, quand on le voit de près, mais c'est pour permettre de voir de loin le geste, qu'il a été allongé par le sculpteur. L'œuvre est ici depuis le 6 novembre 1831.

 

Statue de Stanislas Leszczynski par Georges Jacquot sur la place Stanislas à Nancy, érigée en 1831, monument central rendant hommage au duc de Lorraine au cœur de l’ensemble architectural du XVIIIᵉ siècle classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : inavanhateren / Shutterstock.

La statue de Stanislas par Georges JACQUOT sur la Place Stanislas de Nancy depuis 1831. Photo choisie par monsieurdefrance.fr : inavanhateren/shutterstock

 

 

Les pavillons royaux : de l'Hôtel de Ville à l'Opéra

 

Hôtel de Ville de Nancy : histoire, symboles et façade (Place Stanislas)

 

Il est facile à reconnaître puisque c'est le plus grand bâtiment et c'est d'ailleurs celui que Stanislas ne verra jamais puisqu'il lui tourne le dos. L'hôtel de ville a longtemps été situé à droite, alors que la partie gauche était un hôtel particulier, les deux étant reliés par la façade qu'on voit depuis la place. C'est en 1890 qu'on a abattu l'hôtel de Rouerke pour faire un seul bâtiment (agrandi à l'arrière dans les années 50). L'ancien hôtel de ville, situé place Charles III a été détruit au moment de la construction de celui qu'on connait aujourd'hui.

 

Hôtel de Ville de Nancy sur la place Stanislas, façade monumentale ornée des drapeaux de la France, de la Lorraine et de l’Europe, emblème du pouvoir municipal au cœur de l’ensemble du XVIIIᵉ siècle classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

La façade de l'hôtel de Nancy, pavoisée aux grandes fêtes nationales (14 juillet, 8 mai...) mais aussi pour marquer des évenements (soutien à une cause... )Sina Ettmer Photography/Shutterstock.com

 

D'extérieur et de haut en bas, on voit d'abord une horloge surmontée de 3 drapeaux : France, Lorraine, Europe. L'horloge est entourée par la Justice à gauche et la Prudence à droite. Au fronton, sous l'horloge, se voient les armes de Stanislas à qui on doit le bâtiment et la place (il a offert la place et la mairie à la municipalité dès l'inauguration). Plus bas encore, une femme (peut-être Nancy) tient le blason de la ville (armes des ducs de Lorraine et de Bar en sommet) et le chardon, emblème de Nancy dont la devise est : « Qui s'y frotte s'y pique », en mémoire de la bataille de Nancy (1477) et de la défaite et mort de Charles le Téméraire. On retrouve enfin les armes de Stanislas, cette fois dorées, sur le balcon central.

 

Fronton de l’hôtel de ville de Nancy sur la place Stanislas, sculpture allégorique du XVIIIᵉ siècle représentant la Justice à gauche et la Prudence à droite, symboles des valeurs civiques au cœur de l’ensemble architectural classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Khun Ta / Shutterstock.

Le fronton de l'hôtel de ville avec la justice à gauche et la prudence à droite. photo par Khun Ta/shutterstock

 

Intérieur : péristyle, escalier de Jean Lamour et peintures de Jean Girardet

 

A l'intérieur, on découvre le péristyle et ses colonnes, l'escalier d'honneur dont la rambarde est due au ferronnier Jean Lamour et les peintures (trompe-l'œil et plafonds) de Jean Girardet (1707-1778). Au premier étage, le Salon Carré (Salon de l'Académie), seule pièce que Stanislas a connue, montre Stanislas conduisant le char d'Apollon. Passé le salon carré, on découvre « les grands salons » (1866), pour le centenaire de l'union de la France et de la Lorraine, représentés au plafond par Aimé Morot. On dit que le peintre a donné à la Lorraine (vue nue et de dos) les traits de sa maîtresse… On peut aussi voir les armoiries de la ville et les balcons où jouaient les orchestres lors des soirées de gala. De magnifiques peintures d’Emile Friant sur les différents âges de la vie ont longtemps orné les murs avant d'être déplacées au Musée des Beaux-Arts et remplacées par des miroirs).

 

Pavillon Jacquet : propriétaires de 1755, Grand Café Foy et Café du Commerce

 

Situé à droite de l'hôtel de ville. C'est un bâtiment privé depuis l'origine, appartenant à Monsieur Jacquet, l'un des premiers propriétaires de terrains en 1755. Il a longtemps été un magasin de mode. Deux cafés occupent le rez-de-chaussée, le Café du Commerce à droite, et le Grand Café Foy à gauche. Il tient son nom de Maximilien-Sébastien Foy (1775-1825), général d’Empire, dont le buste est à l'intérieur.

 

Musée des Beaux-Arts de Nancy : Caravage, artistes lorrains et collection Daum

 

C'est là qu'étudiaient, quand la place a été créée, les élèves chirurgiens et médecins au sein du collège de Médecine. Puis le pavillon est devenu le théâtre municipal (on voit beaucoup de masques de comédie dans l'entrée). Un incendie a détruit la Comédie en 1906 et le Musée des Beaux-Arts, d'abord situé dans l'hôtel de ville, a été installé là en 1936 après des travaux. Il a été agrandi en 1999.

 

L’Annonciation par Le Caravage (1608–1610) au musée des Beaux-Arts de Nancy, chef-d’œuvre du clair-obscur baroque représentant l’annonce faite à la Vierge, œuvre majeure de Michelangelo Merisi da Caravaggio conservée en Lorraine. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

L'annonciation par le Caravage (entre 1608 et 1610). Musée des beaux-arts de Nancy

 

Il a plusieurs originalités. D'abord, beaucoup d'œuvres des ducs de Lorraine figurent dans les collections, comme l'Annonciation du Caravage, achetée par Henri II de Lorraine et de Bar au début du XVIIe siècle. Ensuite, belle présentation d'artistes lorrains avec de rarissimes peintures de Claude Gelée dit « Le Lorrain » (né à Chamagne, Vosges, 1600), une très belle collection de gravures de Jacques Callot (1592-1635), né à Nancy, et des œuvres d'Emile Friant (par ex. La Toussaint) ou de Victor Prouvé.

 

Émile Friant, Autoportrait (1888), musée des Beaux-Arts de Nancy, peinture emblématique de l’artiste lorrain révélant son réalisme précis et son regard introspectif, œuvre majeure de la fin du XIXᵉ siècle conservée à Nancy. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Emile Friant / Autoportrait 1888. Musée des beaux arts de Nancy

 

Enfin, il ne faut absolument pas rater la plus grande collection Daum du monde : des pièces en cristal ou en pâte de verre réalisées pendant plus de 150 ans par la Manufacture Daum à Nancy. On peut y faire des photos magnifiques.

 

Grand Hôtel de la Reine (Pavillon Alliot) : salons royaux et vue soleil couchant

 

Il est situé à gauche de l'hôtel de Ville. C'est un hôtel très agréable, avec des salons royaux qui permettent de donner des réceptions en admirant la plus belle place du monde. C'est le spot idéal, aux beaux jours, pour boire un verre en terrasse puisque c'est l'endroit le plus longtemps ensoleillé sur la place. Il s'appelle « Grand Hôtel de la Reine » parce que Marie-Antoinette y a séjourné quelques heures en 1769 pour écouter des poésies sur la route de son mariage avec le futur Louis XVI. Marie-Antoinette était Lorraine par son père, François Ier (François III de Lorraine), né au château de Lunéville, descendant des ducs de Lorraine qui reposent à l'église des Cordeliers. Longtemps hôtel de l’Intendance, il a aussi été un bâtiment privé.

 

Hubert Lyautey photographié par Eugène Pirou, portrait historique du maréchal de France et résident général au Maroc, issu de L’Histoire de la Marine française illustrée (Larousse, 1934), illustrant une figure majeure de l’histoire militaire et coloniale française. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Hubert Lyautey par Eugène Pirou (1841-1909) dans Histoire de la Marine française illustrée, Larousse, 1934.

 

C'est au balcon du Grand Hôtel que la vie de Hubert Lyautey a changé. En mai 1856, alors qu'il a 18 mois, il chute des bras de sa nourrice saluant un défilé. L'enfant reste alité 2 ans et porte un corset de fer plus de 10 ans. Cet empêchement forge sa passion de l'armée, nourrie par des lectures. Il deviendra un grand maréchal (obsèques nationales à Nancy, en présence du Président de la République). Faute de sport enfant, Lyautey s'engage dans la fondation du scoutisme en France. Passionné du Maroc, dont il fut gouverneur, il fit installer des pièces marocaines dans son château de Thorey-Lyautey près de Sion. Il repose aux Invalides à Paris.

 

Opéra national de Lorraine et Grand Hôtel de la Reine sur la place Stanislas à Nancy, vue emblématique montrant à gauche l’opéra et à droite l’hôtel historique, façades classiques du XVIIIᵉ siècle au cœur de l’ensemble classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : wsf-s / Shutterstock.com.

A gauche l'Opéra National de Lorraine à droite le Grand hôtel de la Reine / wsf-s/shutterstock.com  

 

Opéra National de Lorraine : façade XVIIIe, salle à l’italienne (1919, 1050 places)

 

Il est situé dans ce qui était l'hôtel des Fermes au moment de la construction de la Place Stanislas (1755). Devenu siège de l'évêché en 1802, il est entièrement détruit en 1909 sauf la façade qui est toujours celle de Stanislas. Pendant 10 ans de travaux, on construit un opéra « à l’italienne » aux décors rouge, blanc et or en harmonie avec la place, avec quelques notes Art nouveau et Art déco. Inauguré le 14 octobre 1919, 1050 places, l’un des plus renommés de France.

 

Découvrez la programmation de l'Opéra National de Lorraine ici.

 

Les Basses-Faces : remparts, cafés d’origine et légendaire « Chez Walter »

 

C'est le nom donné aux bâtiments à un étage situés entre les fontaines et la rue Héré. Au départ, ils ne devaient pas exister : le maréchal de Belle-Isle voulait conserver le tir des remparts. Stanislas insiste et on coupe la poire en deux : un seul étage, toits en mansardes le long des remparts. C’est là qu’ouvrent les premiers « cafés » de Nancy (ils y servaient… du café).

 

Les basses-faces de la place Stanislas à Nancy, bâtiments situés en arrière-plan de la place et conçus pour masquer les anciennes fortifications, éléments essentiels de l’ensemble urbain du XVIIIᵉ siècle classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Pete Stuart / Shutterstock.

Les basses faces se sont les batiments qu'on voit au fond de la photo de la place stanislas de Nancy. Photo Pete Stuart/shutterstock

 

C'est à la table d'un de ces cafés que Mozart s'est assis pour écrire à son père lors d'un voyage à Paris, évoquant « la beauté des rues et des places de Nancy ». Bartholdi, père de la Statue de la Liberté, y rencontre sa femme Emilie Baheux de Puysieux – on dit qu'il lui donne ses traits. Enfin, au « Jean Lamour », à gauche de l’arc Héré, se trouvait la légendaire brasserie « Chez Walter », occupant toute la partie gauche des Basses-Faces, célèbre dans l'Est : roi du Cambodge, présidents, stars de la Belle Époque y furent servis.

 

Terrasses de bars sur la place Stanislas à Nancy de nuit, ambiance festive et animée avec cafés et bars illuminés, façades du XVIIIᵉ siècle et atmosphère conviviale au cœur de l’ensemble classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Nancy aime faire la fête sur la plus belle place du monde / photo de Roman Samborskyi/shutterstock

 

Cette partie de la place est très festive : brasseries, immenses terrasses, bars de nuit, discothèque pour faire la fête (« la chouille »). Beaucoup de jeunes : pour 1000 habitants, 200 étudiants dans l’agglo.

 

 

Ensemble UNESCO de Nancy : que voir absolument (depuis 1983)

 

Fontaine de Neptune à Nancy, détail des dorures baroques sur la place Stanislas classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, sculpture monumentale du XVIIIᵉ siècle mettant en valeur l’élégance et le raffinement de l’ensemble architectural lorrain. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

La fontaine de Neptune, une des deux majestueuses fontaines de la Place Stanislas de Nancy / Photo choisie par Monsieur de France : depositphotos

 

Ce serait dommage de vous limiter à la seule Place Stanislas. Ce qui est classé « Patrimoine mondial de l’Humanité » depuis 1983, à Nancy, c’est tout l’ensemble du XVIIIe siècle. Chacune des trois places a son charme et mérite la visite. En plus de la Place Stanislas, il faut donc voir :

 

Place de la Carrière : hémicycle, façades d’Héré et Palais du Gouvernement

 

Elle est plus ancienne que la Place Stanislas. Créée par la duchesse Chrétienne de Danemark lors de l’agrandissement des remparts de la Ville-Vieille, d’abord Rue Neuve, puis « Place de la Carrière » pour les tournois (joutes, jeux de bagues) où les champions faisaient carrièreEmmanuel Héré, architecte de la Place Stanislas, lui donne son allure actuelle, inspiré de l’Hôtel de Beauvau (aujourd’hui Cour d’appel), de Germain Boffrand (architecte du Château de Lunéville et du Château d’Haroué), maître d’Héré. Façades neuves plaquées sur façades anciennes.

Au bout, deux hôtels particuliers ferment l’Hémicycle Charles-de-Gaulle, percé deux portes (ville / parc de la Pépinière) surmontées de trophées d’ennemis vaincus et enchaînés (amusant quand Stanislas n’a jamais gagné de bataille).

 

Palais du Gouvernement sur la place de la Carrière à Nancy, bâtiment du XVIIIᵉ siècle fermant la perspective de l’ensemble Stanislas, Carrière et Alliance, joyau urbain lorrain classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Pete Stuart / Shutterstock.com.

Le Palais du Gouvernement sur la Place de la Carrière à Nancy / Photo Pete Stuart/shutterstock.com

 

La place est fermée par le Palais du Gouvernement (ancien gouvernement militaire de Nancy), capitale militaire de l’Est après l’Annexion de 1871. Foch et Castelnau y passent pendant la Première Guerre mondiale ; le maréchal de Mac-Mahon (futur Président de la République) y vécut ; ce fut aussi la préfecture de la Meurthe (disparue en 1871), dont les blasons sont visibles au Grand Salon. Magnifique escalier d’honneur de Jean Lamour et autel caché dans le Salon blanc. Trésor Art nouveau : le bureau de Foch par Louis Majorelle. C’est là qu’a lieu « Le Livre sur la Place », premier salon du livre de la rentrée littéraire, l’un des plus importants de France : plus de 100 000 personnes pour 400 auteurs autour du 10 septembre. Les Nancéiens disent « place Carrière » et « palais du gouverneur ».

 

Place d’Alliance : Cyfflé, alliance de 1756 et charme mélancolique

 

C'est la plus petite des trois places UNESCO de Nancy (80 m × 60 m). Construite sur l’ancien potager des ducs, elle s’appelle Place Saint-Stanislas avant de devenir Place d’Alliance (monument central de Paul-Louis Cyfflé célébrant l’alliance France–Autriche de 1756). Trois vieillards figurent l’Escaut, la Meuse et le Rhin, surmontés d’un putto annonçant la bonne nouvelle.

 

Monument central de la place d’Alliance à Nancy, fontaine allégorique du XVIIIᵉ siècle entourée de grilles et de sculptures, élément majeur de l’ensemble urbain Stanislas–Carrière–Alliance classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Shutterstock.com.

Le monument de la Place d'Alliance à Nancy / Photo Shutterstock.com

 

Elle est austère mais délicate. Maurice Barrès en parle avec justesse dans Colette Baudoche, évoquant « la petite place d’Alliance, solitaire et taciturne » et « la mélancolie » de sa fontaine.

 

 

À voir aussi près de la Place Stanislas : Pépinière, caserne Thiry et portes monumentales

 

Derrière la Place Stanislas, le poumon vert de Nancy : le parc de la Pépinière (21,7 ha). Voulu par Stanislas en 1765 (pépinière d’arbres pour les routes), on y voit arbres remarquables, roseraie, parc animalier, infrastructures sportives et une œuvre de Rodin représentant Claude Gelée dit « Le Lorrain ». « La pep’ » est idéale pour se poser, se balader, boire un verre ; joggeurs et étudiants s’y retrouvent.

 

Kiosque à musique du parc de la Pépinière à Nancy, rare kiosque métallique du XIXᵉ siècle, l’un des deux seuls exemplaires existants en Europe avec celui d’Allemagne, symbole du patrimoine musical et architectural nancéien. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Gerald Mayer / Shutterstock.

Il n'existe que 2 kiosques à Musique comme celui de la Pépinière à Nancy. L'un en Allemagne, l'autre ici à Nancy. Photo par Gerald Mayer/shutterstock.
 

Non loin, la caserne Thiry (1765-1769) sur plans de Richard Mique (architecte du Hameau de la Reine à Versailles). Stanislas figure au fronton, en armureLa porte Sainte-Catherine (au bout de la rue Sainte-Catherine), dédiée à Catherine Opalinska, montre Apollon et les 9 Muses ; la porte Saint-Stanislas, près de la gare de Nancy, affiche aussi le dieu des arts et les Muses.

C'est le moment de vous offrir une visite de Nancy avec notre guide.

 

 

Histoire de la construction de la Place Stanislas : un lien entre deux villes

 

Stanislas Leszczyński : un roi devenu duc de Lorraine

 

Stanislas Leszczyński, roi de Pologne et duc de Lorraine, portrait peint par Louis-Michel Van Loo, conservé à Versailles, représentant le souverain des Lumières à l’origine de la place Stanislas et de l’ensemble urbain majeur de Nancy au XVIIIᵉ siècle. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Portrait de Stanislas par Van Loo (château de Versailles). 

 

Stanislas Leszczyński (1677-1766) est né à Lviv, dans l’actuelle Ukraine, alors intégrée au royaume de Pologne. La monarchie polonaise était alors élective : près de 40 000 nobles élisaient le roi. Soutenu par Charles XII de Suède, Stanislas accède au trône, mais il en est chassé par les Russes et doit s’exiler. Accueilli par la France en Alsace, il retrouve un destin royal quand sa fille, Marie Leszczyńska, est choisie pour épouser Louis XV. Le jeune roi de France, âgé de 15 ans, était alors le seul descendant direct de Louis XIV en ligne française, et son mariage devait assurer la continuité dynastique. Le couple aura 10 enfants, ancrant ainsi Stanislas dans l’histoire de France.

👉 Stanislas est un type vraiment étonnant qui a vécu une vie qui merite d'être découverte, je vous raconte l'incroyable destinée d'un roi polonais détrôné qui a réussi sa vie à Nancy. 

 

 

Une Lorraine devenue française grâce à Stanislas

 

Marie Leszczyńska, reine de France, portrait peint par Louis-Michel Van Loo et conservé à Versailles, représentant l’épouse de Louis XV, figure discrète et influente de la cour de France au XVIIIᵉ siècle et fille de Stanislas Leszczynski, duc de Lorraine. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Marie Leszczynska reine de France, épouse de Louis XV et fille de Stanislas par Van Loo (Versailles).

 

À l’époque, le duc François III de Lorraine souhaitait épouser Marie-Thérèse d’Autriche, héritière de l’Empire. Mais la France craignait que la Lorraine, proche de Paris, ne devienne une terre autrichienne. Un compromis diplomatique est trouvé : François pourra épouser Marie-Thérèse s’il renonce à ses droits sur la Lorraine. La solution est simple : la Lorraine est donnée à Stanislas Leszczyński à titre viager. À sa mort, le duché revient à la France. Arrivé en Lorraine en 1737, Stanislas régnera jusqu’en février 1766. Et dès son décès, les duchés de Lorraine et de Bar sont définitivement unis à la couronne de France.

 

 

Stanislas bâtisseur et la mode des places royales

 

Stanislas avait une véritable passion pour la construction. Lors de son exil à Zweibrücken, il fit bâtir un ensemble de bâtiments appelé le Tschiflick. Devenu duc en Lorraine, il embellit le château de Lunéville de nombreuses « folies » et fit ériger plusieurs châteaux. Le XVIIIe siècle est aussi l’époque des places royales. Rennes se pare de deux places dédiées au roi (Place de la Mairie, Place du Parlement), Paris aménage la Place de la Concorde. Stanislas décide de suivre la mode : il construira à Nancy une place royale dédiée à son gendre Louis XV, symbole de la France au cœur de sa capitale lorraine.

 

 

Où construire la Place Stanislas : entre Ville-Vieille et Ville-Neuve

 

Plan de Nancy au début du XVIIᵉ siècle par Laruelle, montrant clairement les deux villes distinctes de l’époque, la Ville-Vieille et la Ville-Neuve, séparées par les remparts, à l’emplacement précis où Stanislas Leszczynski fera édifier plus tard la place Stanislas au cœur de l’actuelle Nancy. Photo choisie par monsieurdefrance.com via Limedia.fr.

Plan de Nancy au début du XVIIe siècle par Laruelle. On voit bien les deux villes qui constituent le Nancy de l'époque. C'est pile au milieu que Stanislas bati la place, contre les remparts de la ville-vieille de Nancy et au début de la ville neuve. Photo Limedia.fr

 

Nancy possédait une originalité : elle était composée de deux villes distinctes. D’un côté, la Ville-Vieille, médiévale, ceinturée de remparts. De l’autre, la Ville-Neuve, créée au début du XVIIe siècle par le duc Charles III pour agrandir la capitale. La Ville-Neuve, cinq fois plus grande que la cité ancienne, avait des rues tracées en damier, croisées à angle droit : une modernité pour l’époque. À la jonction des deux, se trouvait une vaste esplanade devant les remparts. C’est ici que Stanislas choisit d’ériger sa place royale. D’autres sites avaient pourtant été envisagés : l’esplanade militaire posait problème car les fortifications pouvaient être masquées ; les bourgeois refusèrent aussi l’idée d’implanter la place sur l’actuelle place du Marché où se trouvaient déjà l’Hôtel de Ville et le tribunal. Stanislas tranche finalement : la place serait construite sur l’esplanade, reliant la Ville-Vieille et la Ville-Neuve. Ce choix permit de créer un lien entre les deux Nancy et d’offrir à la ville un symbole puissant. Pour cacher les fossés et remparts, on ajouta deux fontaines monumentales en demi-cercle, démontables si nécessaire.

 

 

Un chantier colossal de quatre ans

 

Le 18 mars 1752, c’est le grand-duc Ossoliński (un intime de Stanislas) qui pose la première pierre du chantier. Près de 400 ouvriers sont mobilisés. Jean Lamour, maître ferronnier de génie, forge ses fameuses grilles dorées à quelques pas de là, dans la primatiale de Nancy. Les travaux sont rapides : à peine 3 ans et demi suffisent. Comme souvent dans ce type de projets, on se contente de bâtir les façades, laissant aux propriétaires le soin d’aménager l’intérieur selon leurs besoins.

 

Stanislas Leszczynski, roi de Pologne et duc de Lorraine, visitant les ateliers de Jean Lamour à Nancy en 1755, dessin de Jean-Baptiste Bénard illustrant la collaboration entre le souverain et le maître ferronnier à l’origine des célèbres grilles de la place Stanislas, ensemble classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Stanislas Lesczinski, roi de Pologne, visitant les ateliers de Jean Lamour à Nancy, dessin de Jean Baptiste Bénard en 1755. 

 

Des compromis furent nécessaires avec les militaires. Les bâtiments longeant les remparts furent construits avec un seul étage et des toits en mansarde afin de ne pas gêner une éventuelle défense. Quant aux deux fontaines monumentales, elles furent installées pour masquer fossés et murailles. Elles sont toujours visibles aujourd’hui.

 

Une inauguration fastueuse… et un incident

 

La Place Royale (ancien nom de la Place Stanislas) est inaugurée le 26 novembre 1755. Stanislas fait son entrée solennelle par la porte Saint-Nicolas, escorté de sept carrosses. La foule est immense. Le soir venu, pour célébrer l’événement, les fontaines coulent non pas d’eau, mais de vin, provoquant la liesse des Nancéiens. Stanislas gravit ensuite le majestueux escalier forgé par Jean Lamour et paraît au balcon pour saluer la foule. C’est alors qu’un morceau de plâtre du plafond s’effondre, séché trop vite. Le bruit et la proximité de l’incident provoquent une panique générale : la garde dégaine les armes, certains courtisans prennent la fuite, l’un d’eux saute même du balcon, se blessant et se couvrant de honte. Seul Stanislas reste impassible. Le roi, au balcon, contemple son œuvre, heureux de voir la foule admirer ce chef-d’œuvre urbain.

 

Du XXe siècle à la rénovation de 2005

 

Au fil du temps, les usages changent. En 1906, un incendie ravage la Comédie, qui devient l’actuel Opéra national de Lorraine. Le Musée des Beaux-Arts prend place dans l’ancien théâtre. En 1958, la place est profondément transformée : elle est aplatie pour devenir un parking, ce qui dénature l’harmonie voulue par Stanislas. Cette situation dure jusqu’en 2005, date de la grande rénovation qui restitue à la place toute sa splendeur. Elle devient alors entièrement piétonne, permettant aux visiteurs et aux habitants de l’apprécier comme un véritable salon urbain.

 

Terrasses sur la place Stanislas à Nancy en été, plaisir emblématique avec cafés et restaurants en plein air, façades classiques du XVIIIᵉ siècle et ambiance conviviale au cœur de l’ensemble classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Photo choisie par monsieurdefrance.com : olrat / Shutterstock.

Terrasses sur la Place Stanislas : un délice en été. Photo choisie par Monsieurdefrance.fr : olrat/shutterstock. 

 

La Place Stanislas aujourd’hui : terrasses et spectacles lumineux

 

Depuis sa piétonnisation, la Place Stanislas est redevenue le cœur vivant de Nancy. Les terrasses des cafés et brasseries s’étendent, permettant de profiter de l’ambiance unique. C’est le lieu idéal pour s’asseoir et contempler l’une des plus belles places du monde. En été, la place s’anime avec le spectacle « Rendez-vous Place Stanislas » : chaque soir à 22h45 jusqu’au 15 août (et 22h jusqu’à mi-septembre), des projections monumentales illuminent les façades pendant quinze minutes. Un moment magique et gratuit, que l’on peut savourer assis sur le sol soigneusement nettoyé chaque matin, ou installé en terrasse. La magie revient aussi en hiver, avec des illuminations pour la Saint-Nicolas, fête emblématique de la Lorraine.

 

 

Quelle est la meilleure période pour visiter la Place Stanislas ?

 

La place est magnifique toute l’année, mais :

  • Au printemps et en été, les terrasses et les soirées animées la rendent particulièrement vivante.

  • En automne, les couleurs des arbres voisins de la Pépinière ajoutent du charme.

  • En hiver, la magie des fêtes de Saint-Nicolas et les illuminations transforment la place en décor féerique.

 

Comment accéder à la Place Stanislas ?

 

La Place Stanislas se situe en plein centre-ville de Nancy.

  • À pied : depuis la gare de Nancy (10 minutes de marche).

  • En tram : ligne 1, arrêt Division de Fer.

  • En voiture : plusieurs parkings souterrains à proximité (Parking Stanislas, Parking Charles III).

 

 

D'autres sites UNESCO en FRANCE

 

 

FAQ sur la Place Stanislas à Nancy

 

Quelle est l’histoire de la Place Stanislas ?

La Place Stanislas a été inaugurée en 1755 par le roi Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne et duc de Lorraine. Elle relie la vieille ville médiévale de Nancy à la ville neuve du XVIIe siècle. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983, elle est considérée comme l’une des plus belles places d’Europe.

 

Peut-on visiter la Place Stanislas gratuitement ?

Oui, l’accès à la place est entièrement gratuit. Vous pouvez y flâner à toute heure du jour et de la nuit. En journée, vous admirez l’architecture et les grilles dorées de Jean Lamour, et le soir, vous profitez de l’ambiance animée des cafés et restaurants.

 

Qu’y a-t-il à voir autour de la Place Stanislas ?

Autour de la place, vous trouverez l’Hôtel de Ville de Nancy, le Musée des Beaux-Arts, l’Opéra national de Lorraine et l’Arc Héré qui mène au parc de la Pépinière. Chaque bâtiment illustre le raffinement du XVIIIe siècle.

 

Y a-t-il des spectacles sur la Place Stanislas ?

Oui, chaque année, deux grands événements attirent les visiteurs :

  • L’été, le spectacle son et lumière « Rendez-vous Place Stanislas » illumine les façades avec des projections monumentales (juin à septembre, tous les soirs).

  • L’hiver, pendant les fêtes de Saint-Nicolas (fin novembre à début janvier), un autre spectacle nocturne anime la place, plongeant le public dans une atmosphère féerique.

Jérôme Prod'homme

Jérôme Prod'homme

 Jérôme Prod'homme est Monsieur de France.
Auteur et conteur du patrimoine français, il est passionné par l’histoire, la culture, les traditions et l’art de vivre en France. Depuis de nombreuses années, il écrit pour différents médias sur des sujets liés au tourisme, aux lieux chargés d’histoire, aux spécialités régionales et à la mémoire du pays. 

À travers Monsieur de France, Jérôme partage des expériences vécues, des visites réelles et des découvertes authentiques. Il sillonne les régions, rencontre les habitants, échange avec les artisans, explore les marchés, les villages, les châteaux, les forêts et les vignobles. Chaque article naît d’une curiosité sincère et d’une envie de transmettre. 

Son objectif n’est pas de faire un cours d’histoire, mais de faire aimer la France à ceux qui la découvrent, et à ceux qui la connaissent déjà — par le récit, par les émotions, par les anecdotes, par les parfums de cuisine et par le plaisir de la découverte. Monsieur de France est une invitation à explorer ce pays magnifique avec les yeux, le cœur et même ... L’appétit ! 

Jérôme Prod'homme

Jérôme Prod'homme

 Jérôme Prod'homme est Monsieur de France.
Auteur et conteur du patrimoine français, il est passionné par l’histoire, la culture, les traditions et l’art de vivre en France. Depuis de nombreuses années, il écrit pour différents médias sur des sujets liés au tourisme, aux lieux chargés d’histoire, aux spécialités régionales et à la mémoire du pays. 

À travers Monsieur de France, Jérôme partage des expériences vécues, des visites réelles et des découvertes authentiques. Il sillonne les régions, rencontre les habitants, échange avec les artisans, explore les marchés, les villages, les châteaux, les forêts et les vignobles. Chaque article naît d’une curiosité sincère et d’une envie de transmettre. 

Son objectif n’est pas de faire un cours d’histoire, mais de faire aimer la France à ceux qui la découvrent, et à ceux qui la connaissent déjà — par le récit, par les émotions, par les anecdotes, par les parfums de cuisine et par le plaisir de la découverte. Monsieur de France est une invitation à explorer ce pays magnifique avec les yeux, le cœur et même ... L’appétit !