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L'Art Nouveau à Nancy : L'incroyable odyssée artistique de l'École de Nancy

S'il est une ville en France où l'art a quitté les musées pour descendre dans la rue, c'est bien Nancy. Au tournant du XXe siècle, une poignée de créateurs visionnaires a transformé la cité en un laboratoire à ciel ouvert. Mais comment ce mouvement, né d'une fascination pour la nature, a-t-il pu devenir l'identité même de cette ville lorraine ? De la verrerie de Gallé à la Villa Majorelle, nous vous emmenons à la découverte de l'École de Nancy, l'un des chapitres les plus audacieux de l'histoire de l'art français.

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Qu'est-ce que l'Art nouveau à Nancy ? L'Art nouveau à Nancy, porté par l'École de Nancy (1901), est un mouvement artistique révolutionnaire privilégiant l'observation de la nature lorraine. Des maîtres comme Émile Gallé, Louis Majorelle et Jacques Gruber ont fusionné l'art et l'industrie pour créer un "Art total" visible dans l'architecture, le mobilier et le vitrail.

Avant de plonger dans ce parcours, n'oubliez pas de consulter nos incontournables pour visiter Nancy pour situer ces trésors au cœur de la ville.

 

 

I. Qu’est-ce que l’Art Nouveau ? Genèse d'une révolution mondiale

 

Une entrée Guimard typique, comme celle de la station Abbesses, incarne le style Art nouveau du métro parisien avec ses lignes organiques et ses motifs végétaux, devenue un véritable symbole du patrimoine urbain de la capitale, photo choisie par monsieurdefrance.com.

Une entrée de métro parisien signée guimard typique  de l'art Nouveau : la station des abbesses. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Miff32 via depositphotos.

 

Pour comprendre l'École de Nancy, il faut d'abord s'interresser à l'Art Nouveau. Ce style, qui a balayé l'Europe entre 1890 et 1910, ne s'est pas contenté de changer la décoration des salons ; il a redéfini le rôle de l'artiste dans la société moderne, en s'opposant frontalement à l'académisme ambiant. En gros, on a préféré les courbes aux colonnes, les fleurs au style dorique, la fantaisie à l'habitude. Ce mouvement a soufflé sur Paris, Barcelone et dans de nombreuses villes du monde. A Nancy, il a littéralement pris racine et fleuri. 

 

 

1. La réaction contre l'industrialisation sans âme

 

La grille d’entrée du Petit Palais, dessinée par Charles Girault, incarne l’élégance de l’architecture Beaux-Arts avec ses ferronneries raffinées et son décor monumental, symbole du faste artistique parisien de l’Exposition universelle de 1900, photo choisie par monsieurdefrance.com

La grille d'entrée du petit palais dessinée par Charles Girault. Photo choisie par monsieurdefrance.com ; phototraveler via depositphotos.

 

Vers 1890, l'Europe subit de plein fouet les conséquences de la révolution industrielle. La production de masse inonde le marché d'objets standardisés. Parallèlement, l'architecture officielle s'essouffle dans le "pastiche". On copie les styles d'autrefois et on décore avec une sorte de style Louis XV en plus chargé. Fini les lignes droites du style empire, on aime le joufflu. L'Art Nouveau naît d'une volonté de rupture totale vec cela. Les artistes quittent la copie surchargée et partent à la découverte d'une nouvelle forme d'art, de leur époque, qui soit vivante, chaleureuse et surtout, organique.

 

 

2. La ligne courbe et l'hommage à la vie

 

La caractéristique la plus célèbre de l'Art Nouveau est sa prédilection pour la ligne courbe, surnommée poétiquement la "ligne en coup de fouet". Cette courbe n'est pas gratuite : elle provient d'une observation scientifique et poétique de la nature. On étudie au microscope la croissance d'une tige, on dessine l'éclosion d'un bourgeon. C'est un art du dynamisme et de la métamorphose. La Nature devient inspiration, et en ce sens l'Art Nouveau est très proche de notre époque. 

 

L’Art nouveau s’exprime aussi sur les affiches spectaculaires annonçant la première grande star française de l’histoire, Sarah Bernhardt, immortalisée ici par Alphonse Mucha avec ses lignes sinueuses, ses motifs floraux et son élégance iconique qui ont marqué l’esthétique de la Belle Époque, photo choisie par monsieurdefrance.com

L'art Nouveau est partout, y compris sur les affiches qui annonçent la première star française de l'histoire : Sarah Bernardt / affiche choisie par Monsieur de France Par Alphonse Mucha — Original file from Library of Congress, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=8886929

 

 

3. Le concept d'Art Total

 

L'Art Nouveau refuse catégoriquement la séparation entre les "beaux-arts" et les "arts décoratifs". L'objectif est de créer un cadre de vie global et cohérent, où l'esthétique s'invite dans chaque geste quotidien, de la poignée de porte au luminaire, de la façade au lit conjugal, de la fenêtre à la salle de bains. Et on assiste à une créativité sans précédent pendant une grosse vingtaine d'années. Cet époque est une des grandes époques de l'histoire de Nancy avec le siècle des lumières et la Renaissance. Elles sont rares les villes de France ou même du monde à avoir connu plusieurs époques glorieuse, Nancy est de celle là avec l'Ecole de Nancy.

 

Une façade Art nouveau dans le centre-ville de Nancy, témoignage du génie de l’École de Nancy, se distingue par ses lignes végétales, ses ferronneries et son élégance du début du XXᵉ siècle. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

Une facade art nouveau dans le centre-ville de Nancy / Photo choisie par Monsieur de France ; depositphotos.

 

 

II. L’École de Nancy : Un contexte historique unique

 

Jacques Grüber, Roses et mouettes, à la villa Bergeret à Nancy, vitrail emblématique de l’École de Nancy, mêlant motifs floraux et marins dans une composition lumineuse typique de l’Art nouveau. Photo choisie par monsieurdefrance.com : WildSnap / Shutterstock.

Jacques Grüber "roses et mouettes" villa Bergeret à Nancy / Photo choisie par Monsieurdefrance.Fr : WildSnap/Shutterstock

 

Pourquoi Nancy est-elle devenue la capitale française de ce mouvement ? La raison de départ est politique. Elle est née du traumatisme de la guerre de 1870, d'un vaste mouvement de population et de quelque chose de magique : le talent et l'argent au même endroit un certain temps.

 

1. 1871 : Le traumatisme et l'exode des talents

 

Après la défaite de 1870, la France perd des territoires importants : l'Alsace et une partie de la Lorraine. La Moselle devient allemande. Nancy, elle, reste française. Elle se retrouve à la frontière immédiate de l'Empire allemand. Du coup, la ville qui ne compte qu'un peu plus de 50 000 habitants, qui n'est pas une citadelle militaire comme l'était Metz, devenue allemande, devient la "sentinelle de l'Est", un bastion français. C'est la plus grande ville de l'Est de la France, désormais, et c'est vers elle que se tournent de nombreux alsaciens et lorrains qui ne veulent pas devenir allemands avec l'annexion. 

 

La bataille du Mans, illustrée par Maurice Orange, représente l’un des affrontements majeurs de la guerre franco-allemande de 1870-1871, marquant la défaite de l’armée française et l’effondrement des espoirs de résistance face aux troupes prussiennes, photo choisie par monsieurdefrance.com

La bataille du Mans / illustration choisie par Monsieurdefrance.Com : Par Maurice Orange (1868-1916) — Livre:Histoire générale de la guerre franco-allemande, 1870-1871, colonel Rousset, édition Jules Tallandier, 1911, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=3696713

 

 

2. Un afflux créatif sans précédent

 

Entre 1871 et 1900, la population de Nancy explose. Elle passe de 50 000 à plus de 100 000 habitants. Elle accueille des milliers d'"optants", ces Alsaciens et Mosellans qui refusent la nationalité allemande et qui déménagent. Ce sont souvent des gens riches, commerçants, artisans, qui peuvent se déplacer et tout quitter à la différence des paysans ou des mineurs. Cet afflux de population, de capitaux et de savoir-faire (industriels, verriers, ébénistes) transforme la ville en une métropole intellectuelle bouillonnante. Les industriels, riches, aiment construirent, décorer, montrer leur réussite, et il y a pour le faire des artistes et des artisans à qui passer des commandes. Avec cette force en plus, très lorraine, d'avoir le goût de l'excellence. Cette terre c'est une terre qui a de l'or dans les mains. On fait les choses bien. On essaie même toujours de les faire de la meilleur manière. 

 

La rue Saint-Jean à Nancy en 1912 illustre l’essor spectaculaire de la ville après l’arrivée des optants alsaciens-lorrains, période de dynamisme économique, commercial et urbain qui transforme durablement Nancy en grande capitale régionale, photo choisie par monsieurdefrance.com

Nancy devient très importante avec l'arrivée des optants / Photo choisie par Monsieur de France : Par scaned by ABACA from vintage postcard published by "Maison des magasins réunis - Nancy" — my own collection, Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=17180176

 

 

3. La fondation de l'Alliance (1901)

 

Le 13 février 1901 la création de l'Association de l'École de Nancy, ou Alliance Provinciale des Industries d'Art entérine un mouvement né de cette conjonction d'argent et de talent. Son premier président, Émile Gallé, définit une mission sociale : marier l'art à l'industrie pour rendre le beau accessible à tous. En gros : on fait du beau, on trouve des techniques pour le faire en grande quantité pour le rendre plus accessible. La devise d'Emile Gallé résume bien l'Art Nouveau "n'imitez jamais ! Innovez toujours". L'Ecole de Nancy intervient dans tous les domaines : la décoration intérieure, l'architecture... Elle impose ses codes, ses envies et Nancy devient un gigantesque laboratoire de l'Art Nouveau, le génie lorrain en plus. 

 

L'exposition universel de l'Est de la France, en 1909, est considérée comme l'apogée de l'Ecole de Nancy. Elle a lieu au parc Sainte Marie et attire plus de 500 000 visiteurs en quelques mois / Affiche officielle Par Pierre-Roger Claudin — [1], Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21958462

L'exposition universel de l'Est de la France, en 1909, est considérée comme l'apogée de l'Ecole de Nancy. Elle a lieu au parc Sainte Marie et attire plus de 500 000 visiteurs en quelques mois / Affiche officielle Par Pierre-Roger Claudin — [1], Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21958462

 

 

III. Les Maîtres de l’École de Nancy : Portraits de visionnaires

 

1. Émile Gallé : Le botaniste du verre

 

Émile Gallé (1846-1904), maître verrier et figure fondatrice de l’École de Nancy, incarne le génie de l’Art nouveau français par ses créations inspirées de la nature, son engagement artistique et son influence majeure sur les arts décoratifs de la fin du XIXᵉ siècle, photo choisie par monsieurdefrance.com

Emile Gallé 1846 - 1904  Domaine public, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=21721538

 

Gallé est l'âme du mouvement. Botaniste passionné, ce qui fait qu'il se retrouve complètement dans cet amour de la nature qui anime l'Art Nouveau, il révolutionne la verrerie par des techniques complexes comme la gravure à l'acide ou le verre multicouche. Ses "vases parlants" portent souvent des citations poétiques, fusionnant littérature et matière. C'est aussi un homme très engagé, il bouge l'esprit nancéien de l'époque plutôt conservateur. On le voit s'engager pour défendre Dreyfus alors que la ville est plutôt contre cet homme injustement accusé d'espionnage. 

 

Vase Gallé emblématique de l’Art nouveau, illustrant le savoir-faire d’Émile Gallé à travers un verre aux nuances délicates, des décors naturalistes et une maîtrise exceptionnelle de la gravure à l’acide, symbole du rayonnement de l’École de Nancy, photo choisie par monsieurdefrance.com

Un vase signé Gallé / Photo choisie par Monsieur de France : Par Sailko — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49220542

 

 

2. Louis Majorelle : Le sculpteur de bois et de fer

 

Louis Majorelle est né à Toul, pas très loin de Nancy, en 1859. Formé aux beaux-arts, il reprend la faiencerie et ebenisterie familiale à la mort de son père. Ce qui lui plait c'est le travail du bois, au départ, et devint l'un des plus grands spécialistes de son domaine. Alors que l'époque adore le style néo-gothique, inspiré du moyen-âge, qu'il a longtemps fait les meubles de style Louis XVà la mode, il abandonne les styles anciens pour créer des structures toutes en courbes, en elements floraux. Une console chez Majorelle semble s'épanouir comme une plante. Il devient également un maître de la ferronnerie d'art, dont la célèbre "ligne Majorelle" orne encore les façades nancéiennes.

 

 

Piano réalisé par Louis Majorelle, chef-d’œuvre de l’Art nouveau lorrain mêlant ébénisterie raffinée, lignes courbes et motifs végétaux, illustrant l’excellence des arts décoratifs de l’École de Nancy au tournant du XXᵉ siècle, photo choisie par monsieurdefrance.com

Piano réalisé par Louis Majorelle / Photo choisie par Monsieur de France Par Léna — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=16839390

 

 

3. Les Frères Daum : Les maîtres du cristal

 

La maison Daum existe toujours et perpétue l’esprit de l’École de Nancy en créant régulièrement des objets décoratifs contemporains, uniques au monde, qui prolongent le savoir-faire verrier d’exception et l’héritage de l’Art nouveau lorrain, photo choisie par monsieurdefrance.com

Daum existe toujours et perpétue l'Ecole de Nancy à travers la réalisation régulière d'objets décoratifs nouveaux et uniques au monde / Photo choisie par Monsieurdefrance.Fr : Andrei Antipov/Shutterstock

 

Auguste et Antonin Daum sont typiquement des "optants". Leur père quitte sont étude de notaire de Bitche, devenue allemande, pour s'installer à Nancy. Il place de l'argent dans une verrerie existante, avant de la reprendre définitivement. Ses fils, Auguste et Antonin vont la porter au plus haut et réussir à allier l'expérimentation artistique à la puissance industrielle. Ils perfectionnent la technique de la pâte de verre, une matière qui permet des nuances chromatiques infinies et une texture veloutée unique.

 

La collection Daum du musée des Beaux-Arts de Nancy, remarquable ensemble de verreries Art nouveau et Art déco, illustre l’excellence du savoir-faire nancéien et l’influence majeure de l’École de Nancy. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

La collection Daum du musée des beaux-arts de Nancy / Photo choisie par Monsieur de France : Jérôme Prod'homme

 

 

4. Jacques Gruber : Le génie du vitrail

Jacques Gruber est né à mulhouse, mais ses parents quittent la ville pour, eux aussi, rester en France. La ville de Nancy fera beaucoup pour le jeune Grüber, lui offrant une bourse pour qu'il puisse se perfectionner aux beaux-arts de Paris. Spécialiste du vitrail, c'est l'artiste qui a le mieux su capter la lumière lorraine. Il ne se contente pas d'assembler des verres colorés ; il utilise la gravure à l'acide pour créer de véritables tableaux translucides. Ses paysages de sous-bois et d'étangs brumeux sont d'une poésie absolue. On lui doit les verrières monumentales de la CCI de Nancy et de la brasserie L’Excelsior. Il a fait de la fenêtre une œuvre d'art totale, changeant la vision du monde extérieur.

 

Vitrail de Jacques Grüber au musée de l’École de Nancy, œuvre emblématique de l’Art nouveau lorrain illustrant le savoir-faire verrier de l’École de Nancy, avec ses lignes végétales, ses couleurs lumineuses et son esthétique décorative du début du XXᵉ siècle, photo choisie par monsieurdefrance.com

Vitrail Grüber visible au Musée de l'Ecole de Nancy / Photo choisie par Monsieurdefrance.Fr : HUANG Zheng/Shutterstock

 

Dans le même temps, Nancy voit éclore des talents artistiques purs tels que les peintres Emile Friant ou Camille Martin. C'est aussi une époque faste pour la botanique : Victor Lemoine ou François Felix Crousse "obtiennent", autrement dit créent, de nombreuses plantes nouvelles : hortensia, begonias et le fabuleux lilas double "madame Lemoine" qu'on voit partout sur la planète désormais et dont les plus anciens spécimens continuent de pousser dans de nombreux jardins nancéiens. 

 

Vitrail Art nouveau emblématique de l’École de Nancy, œuvre décorative du début du XXᵉ siècle illustrant le savoir-faire verrier lorrain, les motifs végétaux et l’esthétique caractéristique du mouvement Art nouveau à Nancy. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Jérôme Prod’homme (c).

Le vitrail est emblématique de l'école de Nancy / Photo choisie par Monsieurdefrance.com : jérôme Prod'homme (c)

 

 

5. Eugène Vallin : L’architecte de la ligne constructive

 

Eugène Vallin occupe une place à part : il est celui qui donne du volume et de la structure au mouvement. Ébéniste d'art spécialisé à l'origine dans le mobilier religieux, il se convertit avec éclat à l'Art Nouveau sous l'influence de Gallé. Vallin ne se contente pas de décorer le bois, il le sculpte pour créer des structures puissantes et dynamiques. On lui doit des ensembles mobiliers monumentaux, mais aussi des architectures novatrices. C'est lui qui réalise, pour son propre atelier, l'un des premiers édifices Art Nouveau de la ville. Son génie réside dans sa capacité à faire fusionner la charpente d'un immeuble avec son décor intérieur, poussant le concept d'Art Total à son paroxysme.

 

 

IV. Le parcours Art Nouveau : Les chefs-d'œuvre à visiter

 

1. Le Musée de l'École de Nancy : L'Art chez soi

 

La spectaculaire salle à manger du musée de l’École de Nancy, ensemble Art nouveau exceptionnel, illustre l’harmonie totale entre mobilier, boiseries, verreries et arts décoratifs voulue par les artistes nancéiens du début du XXᵉ siècle. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

La spectaculaire salle à Manger du musée de l'école de Nancy / Photo choisie par Monsieur de France : Françoise Prod'homme (c)

 

Installé dans l'ancienne demeure d'Eugène Corbin, grand mécène de l'école de Nancy, lui qui était très fortuné, ce musée est unique au monde. Ici, les œuvres sont présentées en situation, dans leur contexte d'origine. On découvre un intérieur typique de l'Art Nouveau et un condensé de ce que l'époque aimait et faisait de meilleur pour l'intérieur ; du vase au lit, en passant par les meubles ou les vitraux. On peut notamment admirer : 

  • La salle à manger Masson : Une pièce monumentale en chêne où chaque détail est sculpté de motifs naturels.

  • La salle de bain : toute en faience, époustouflante. 

  • Le jardin : Il abrite des espèces végétales qui ont inspiré les artistes (clématites, chardons, pivoines), ainsi qu'un aquarium Art Nouveau exceptionnel.

 

Adresse : 38 rue blandan / 54 000 NANCY

 

Salle d’eau Art nouveau du musée de l’École de Nancy, espace décoratif du début du XXᵉ siècle mêlant céramiques, boiseries et verreries, illustrant l’esthétique fonctionnelle et le raffinement de l’Art nouveau lorrain. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Jérôme Prod’homme (c).

Salle d'eau du Musée de l'Ecole de Nancy / Photo choisie par Monsieurdefrance.com : Jérôme Prod'homme (c)

 

2. La Villa Majorelle : La maison-manifeste

 

Construite par Henri Sauvage pour Louis Majorelle, la Villa Majorelle est le premier exemple d'architecture totale à Nancy. Récemment restaurée, elle montre comment Majorelle concevait son foyer : tout y est courbe, des cheminées monumentales aux poignées de fenêtres. C'est le triomphe de la fluidité architecturale.

 

La façade de la villa Majorelle à Nancy illustre parfaitement le génie de l’Art nouveau lorrain, avec ses lignes asymétriques, ses motifs végétaux et ses matériaux innovants, chef-d’œuvre architectural emblématique de l’École de Nancy et du patrimoine artistique français, photo choisie par monsieurdefrance.com

La facade de la villa Majorelle à Nancy / Photo choisie par Monsieurdefrance.com : Patrice Soudier de Pixabay

 

Adresse : 1 rue Louis Majorelle / 54 000 NANCY

 

3. La Brasserie L’Excelsior : Le temple du goût

 

Face à la gare, cette brasserie qui s'inspire du chemin de fer, est l'âme de 1900 conservée intacte. Sous les plafonds ornés de fougères, les vitraux de Jacques Gruber baignent la salle d'une lumière dorée. Le mobilier est signé Majorelle et les luminaires sont l'œuvre des frères Daum. Déjeuner ici, c'est remonter le temps.

 

L’intérieur Art nouveau de la brasserie L’Excelsior à Nancy dévoile un décor emblématique de l’École de Nancy, entre boiseries sculptées, verrières élégantes et lignes végétales typiques du début du XXᵉ siècle, symbole du raffinement architectural lorrain au cœur de la place Stanislas, photo choisie par monsieurdefrance.com

L'intérieur Art Nouveau de L'Excelsior à Nancy / Photo choisie par Monsieur de France  : Par Arie m den toom — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=63691716

 

Adresse : 50 rue Henri Poincaré / 54 000 NANCY.

 

4. Le quartier de Saurupt : La cité-jardin de luxe

 

Au sud de la ville, le quartier de Saurupt témoigne de l'audace d'architectes comme Émile André ou Lucien Weissenburger. On y admire des villas extraordinaires (Villa Les Glycines, Villa Les Roches) qui ressemblent à des organismes vivants. Les grilles, les fenêtres aux formes de nénuphars et les toitures exubérantes en font un musée d'architecture à ciel ouvert.

 

Élément Art nouveau en centre-ville de Nancy, détail architectural emblématique de l’École de Nancy mettant en valeur les formes végétales, les matériaux décoratifs et l’esthétique du début du XXᵉ siècle dans le patrimoine urbain lorrain. Photo choisie par monsieurdefrance.com : Depositphotos.

Element Art Nouveau en centre ville de Nancy / Photo choisie par Monsieur de France : depositphotos

 

5. Avenue Foch, quai Claude le Lorrain, Rue Saint Jean... L'art Nouveau est en ville

 

Le centre ville de Nancy est truffé de constructions Art nouveau, notamment rue Saint Jean, la grande artère commerçante avec par exemple le Crédit Lyonnais, l'ancienne graîneterie Génin Louis, la BNP... Du côté de l'avenue Foch, on trouve plutôt des immeubles ou des hôtels particuliers, de même que du côté du quai Claude Le Lorrain. 

 

Un bâtiment Art nouveau en plein centre-ville de Nancy, symbole de l’École de Nancy, illustre l’harmonie des formes végétales, des matériaux et de l’innovation architecturale du début du XXᵉ siècle. Photo choisie par monsieurdefrance.com.

un batiment Art Nouveau en plein centre ville de Nancy / Photo choisie par monsieur de France : depositphotos

 

 

V. FAQ : Comprendre l'École de Nancy en profondeur

 

Pourquoi la nature lorraine est-elle si présente ?

L'École de Nancy est profondément naturaliste. Contrairement à l'Art Nouveau parisien plus abstrait, les artistes lorrains utilisaient ce qu'ils observaient dans les forêts et jardins locaux : le chardon (emblème de la ville), l'ombelle, le nénuphar, la clématite et la monnaie-du-pape.

 

Quelle est la différence fondamentale avec l'Art Déco ?

L'Art Nouveau (1890-1910) est asymétrique, floral et tout en courbes. L'Art Déco (1920-1930), qui lui succède après la guerre, est géométrique, rectiligne et plus sobre. Nancy possède quelques beaux exemples Art Déco, mais c'est l'Art Nouveau qui fait sa renommée mondiale.

 

Où voir des vitraux de Gruber gratuitement ?

Poussez la porte de certaines banques du centre-ville (LCL ou BNP rue Saint-Dizier) ou de la Chambre de Commerce et d'Industrie (rue Stanislas). Vous y découvrirez des verrières monumentales à couper le souffle.

 

Pourquoi le style s'est-il arrêté ?

Une certaine lassitude face aux courbes exubérantes et surtout la Première Guerre mondiale mettent un coup d'arrêt définitif à l'élan créatif. Après 1918, le monde aspire à plus de simplicité et de rigueur.

 

Peut-on encore acheter des pièces de l'École de Nancy ?

Les pièces originales s'arrachent à prix d'or. Cependant, la Cristallerie Daum continue de produire aujourd'hui des œuvres en pâte de verre, perpétuant le savoir-faire des frères fondateurs.

 

Émile Gallé dans son atelier vers 1900, représenté par Victor Prouvé et conservé au musée de l’École de Nancy, montre le maître verrier au cœur de la création Art nouveau, entouré de ses œuvres et de son univers naturaliste qui ont marqué l’histoire des arts décoratifs, photo choisie par monsieurdefrance.com

Émile Gallé dans son atelier, Victor Prouvé, c. 1900, Musée de l'École de Nancy. Par Dguendel — Travail personnel, CC BY 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=101769672

 

 

Conclusion : Un héritage qui défie le temps

 

L'École de Nancy ne fut pas qu'une simple parenthèse esthétique. Elle fut le cri d'une ville qui a choisi d'inventer le futur en regardant ses fleurs. En visitant Nancy, on comprend que ce patrimoine n'est pas figé : il continue d'inspirer les amoureux du beau et témoigne d'une époque où l'on croyait que l'art pouvait changer la vie. Prendre le temps d'observer une façade Art Nouveau à Nancy, c'est s'offrir une parenthèse de poésie. Ici, la nature est éternelle, et l'art est partout chez lui.

 

Prêt à explorer davantage ?

 

  • Découvrez notre dossier sur la Place Stanislas pour comprendre l'autre grand trésor de la ville.

 

Monsieur de France Tourisme, art de vivre, gastronomie, histoire... La France est formidable.

Jérôme Prod'homme

Jérôme Prod'homme

 Jérôme Prod'homme est Monsieur de France.
Auteur et conteur du patrimoine français, il est passionné par l’histoire, la culture, les traditions et l’art de vivre en France. Depuis de nombreuses années, il écrit pour différents médias sur des sujets liés au tourisme, aux lieux chargés d’histoire, aux spécialités régionales et à la mémoire du pays. 

À travers Monsieur de France, Jérôme partage des expériences vécues, des visites réelles et des découvertes authentiques. Il sillonne les régions, rencontre les habitants, échange avec les artisans, explore les marchés, les villages, les châteaux, les forêts et les vignobles. Chaque article naît d’une curiosité sincère et d’une envie de transmettre. 

Son objectif n’est pas de faire un cours d’histoire, mais de faire aimer la France à ceux qui la découvrent, et à ceux qui la connaissent déjà — par le récit, par les émotions, par les anecdotes, par les parfums de cuisine et par le plaisir de la découverte. Monsieur de France est une invitation à explorer ce pays magnifique avec les yeux, le cœur et même ... L’appétit ! 

Jérôme Prod'homme

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 Jérôme Prod'homme est Monsieur de France.
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